Il y a bientôt 5 ans je publiais un petit fascicule dénonçant anomalies et aberrations de notre desserte ferroviaire: cette étude avait été reçue par nos élus départementaux avec le sourire ou l’indifférence.Ils avaient encore le cerveau occupé par le rêve autoroutier qui devait tout résoudre (y compris les problèmes d’emploi).
Mais quand ça va mal et qu’on ne prend pas les mesures nécessaires, les choses s’aggravent.
C’est ce qui s’est produit.
Maintenant on se réveille, on manifeste on fait des réunions on crée des commissions, des comité de lignes... Mais c’est peut- être trop tard.
A force de rendre les trajets aléatoires pénibles, de les compliquer et les allonger (transferts en cars), on décourage nos concitoyens de prendre le train.
Moins de passagers, donc lignes en déficit, donc menacées.
Le train de nuit est sinistré, et je ne vois pas ce qui pourrait le sauver.
Depuis quelques années on interrompt la ligne Briançon-Marseille pour des travaux.
Cette année c’est le comble, la gare de Veynes est devenue pendant 3 mois la gare terminus pour les Hautes-Alpes (privant de trains les deux tiers du département pour toutes les destinations : Valence, Grenoble, Marseille).
Travaux nécessaires certes (de remise à niveau, pas d’amélioration), et RFF avoue avoir 1000 chantiers sur le territoire national, mais que je sache on n’a pas interrompu pendant des mois la circulation ferroviaire sur un millier de lignes.
Et cela va continuer car dès le 11 décembre 2011 date à laquelle le train arrive à nouveau à Gap et à Briançon, on va faire des travaux sur la ligne de Valence : il faudra descendre du train à Crest pour prendre un car et remonter dans un autre train à Valence !!!
Alors pourquoi ce sort particulier pour les Hautes Apes?
Ces interruptions si fréquentes et pendant des temps aussi longs on pour effet de détourner la clientèle du rail.
Malgré ces travaux dit de modernisation… les temps de parcours seront toujours aussi longs, plus de 3 heures de Gap à Marseille, presque 3 heures pour aller à Grenoble (le même temps qu’à la fin des années 60).
Le progrès serait de mettre en place une automatisation et une télécommande de l’aiguillage pour la souplesse des croisements. Sans ce système, chaque retard se répercute actuellement sur tous les trajets.
Le fret est rayé de la carte dans les Hautes-Alpes: l’eau de Chorges et même le ballast sont transportés par camions.
Alors un élu qui s’est battu en vain pour l’autoroute pendant 30 ans veut maintenant monter un comité de ligne Paris – Briançon.
Mais des milliers de nos jeunes font des études dans les trois capitales régionales qui nous entourent (Grenoble, Marseille, Lyon). Ils ont autant besoin de trains fiables pour se rendre dans ces villes que nos parlementaires pour aller à Paris.
Car il n’y a pas que Paris comme destination.
Or il existe une merveilleuse opportunité sur les gares de Valence où passent et d’où partent des TGV directs pour les quatre coins de la France.
Le problème c’est qu’aucune correspondance n’est prévue pour nous à Valence concernant ces grandes lignes non parisiennes.
Notre gare TGV est pourtant bien la gare de Valence. Aix-en-Provence induit un détour par la route de 150 kms depuis Gap et ne conduit par le TGV qu’à Paris.
C’est pourquoi notre colonne vertébrale ferroviaire c’est bien l’axe Briançon-Valence.
Mais le train va également mal sur le plan national. La construction des lignes TGV a entraîné un déficit abyssal, que l’on a camouflé à l’Europe en créant en 1997 RFF, organisme de « defeasance ». Ce déficit empêche la véritable modernisation du réseau secondaire notamment le nôtre.
S’il existait une véritable politique commerciale, je suis persuadé qu’on assisterait à un nouvel engouement pour ce type de transport le plus sûr, le plus écologique et qui vous amène au cœur des villes.
Guy Blanc - Conseiller Général Gap Nord Ouest

